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LA FRANQUI

Au Nord du Cap Leucate, nichée sous des pins centenaires,
adossée au plateau de la falaise, la situation de l'endroit
est particulièrement intéressante, on peut aussi bien
y profiter des joies de la côte rocheuse du pied de la falaise
que de l'immense plage des Coussoules dont les 8 kilomètres
de sable fin permettent tous les sports de glisse, sur l'eau, bien
sûr, mais aussi sur terre. C'est le paradis des chars à
voile, des speed sails, cerfs volants et autres engins roulants
plus ou moins identifiés... L'histoire de La Franqui est
indissociablement liée à celle du plus célèbre
de ses enfants, l'écrivain-aventurier Henry de Monfreid dont
la belle famille avait su amorcer le développement du tourisme
à cet endroit. L'hôtel restaurant qui avait été
créé par elle au début du siècle était
un haut lieu de la gastronomie et a reçu des hôtes
illustres dont le peintre Paul Gauguin n'était pas le moindre.
La Franqui a été la première station balnéaire
de l'Aude.
Le
Port
Le
massif de la falaise a toujours constitué un mouillage sûr
pour les bateaux qui viennent se réfugier dans l'anse de
La Franqui par grosse tempête de vent marin. C'était
d'ailleurs le seul abri naturel de la côte, entre Port-Vendres
et Agde. Ceci explique le nombre très important de naufrages
que les côtes leucatoises ont connu : tous les navires n'arrivaient
pas à atteindre La Franqui à temps, et certains s'échouaient
avant sur la plage des Coussoules ou se fracassaient sur les rochers
de la falaise.
L'intérêt de ce site a logiquement suscité des
projets d'aménagement d'un port. Le premier connu remonte
au XIIIème siècle et il est ressorti ensuite régulièrement
au fil du temps : Vauban était prêt à lancer
l'opération, Paul Riquet, le concepteur du canal du Midi,
avait prévu initialement d'y faire déboucher son canal,
même Bonaparte s'intéressa aussi à un futur
port.
Le dernier projet remonte à 1857, mais aucun d'entre eux
ne vit jamais le jour...
Henry
de Monfreid
Henry
de Monfreid est né à La Franqui en 1879, pays de sa
mère Amélie. Il y passera toute sa jeunesse avant
de rejoindre ses parents à Paris, mais chaque été
le retrouvait ensuite ici.
Attiré par le goût de l'aventure, il s'embarque en
1911 pour l'Ethiopie, sur les rives de la Mer Rouge, où il
mènera une vie très mouvementée, sur terre
comme sur mer, allant jusqu'à pratiquer des trafics aussi
peu orthodoxes que celui des armes et du haschich. Sa vie fut tellement
riche en péripéties qu'elle lui donna matière
à écrire 80 livres au total. Le premier, Les
secrets de la Mer rouge (publié en 1931) connut
très vite le succès, au point d'inspirer à
Hergé une des aventures de TINTIN, Les cigares du
pharaon dans laquelle Henry de Monfreid joue son propre
rôle de capitaine de boutre, trafiquant d'armes. Il se fit
construire une villa face à la mer et à la grande
plage des Coussoules, où il aimait revenir séjourner
régulièrement.
Bertrand
C'est l'arrière grand-père maternel d'Henry de Monfreid,
Pierre Bertrand, qui le premier investit à La Franqui en
achetant en 1858 deux grands bâtiments, où il aménagea
des logements meublés. Son fils Esprit prit la relève,
mais l'impulsion décisive sera donnée par Emile Bertrand,
le beau-frère d'Henry de Monfreid. Architecte de métier,
il fit une brillante carrière à Paris et se vit confier
d'imposants chantiers : le casino de Biarritz, le Palmarium de Pau,
la Caisse d'Epargne de Narbonne et le Palais d'Hiver du Jardin d'acclimatation
de Paris. Resté toujours très attaché à
La Franqui, il s'est impliqué dans le développement
touristique de la station : il a réalisé à
ses frais la route d'accès à la gare, construit en
191O la digue située à l'extrémité de
la plage, derrière laquelle il fit édifier les premières
villas du lieu, qu'il vendit toutes meublées aux premiers
habitués. Il donna une dimension nouvelle à l'établissement
familial en y ajoutant un hôtel restaurant de grande classe
: l'Excelsior.
Les
artistes
Depuis plus d'un siècle, La Franqui a été fréquentée
par des artistes renommés. Le premier fut Daniel
de Monfreid, le père d'Henry, qui fut un très
bon peintre. La fortune de son père américain lui
permettait de ne pas avoir besoin de vendre ses toiles et surtout
de mener grand train en recevant chez lui des artistes aussi talentueux
qu'Aristide Maillol, Degas, Matisse,
et surtout Paul Gauguin qui devint son meilleur
ami. Ce dernier sera reçu à La Franqui, à l'Excelsior,
propriété de de la belle-famille de Daniel. Il sera,
dit-on, l'initiateur de la terrasse de l'établissement d'où
l'on jouit d'une belle vue sur la mer. Henry de Monfreid,
en plus de son talent d'écrivain, avait une prédisposition
évidente pour le dessin et il réalisa de fort belles
aquarelles tout au long de sa vie. Pendant la dernière guerre,
un artiste vint se réfugier à La Franqui, Pinet
de Gaulade, qui devait y rester plus de 30 ans. Ses tapisseries
et ses patchworks le firent connaître très vite. De
nos jours encore ce village abrite des artiste renommés notamment
Patrick
Chappert-Gaujal.
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